Comment choisir sa pilule pendant la période d’allaitement ?

Comment choisir sa pilule pendant la période d’allaitement ? Destiné aux nouveaux-nés et aux nourrissons, l’allaitement (dont il est question ici) est un mode d’alimentation par le bais du lait maternel. Il consiste à nourrir l’enfant grâce au lait produit et secrété par les glandes mammaires. Il constitue un excellent moyen de contraception sous certaines conditions. Afin de garantir l’efficacité de cette contraception naturelle, l’allaitement doit être exclusif (au moins 6 à 10 fois par jour), tout en veillant à ce qu’il ne s’écoule pas plus de six heures entre deux tétées, avec une absence de menstruation. Mais, pour les femmes qui ne peuvent pas compter sur l’allaitement comme moyen de contraception naturelle, il existe des pilules contraceptives adaptées à l’allaitement maternel. Il faudra, pour ce faire, opter pour les pilules qui sont sans effet nocif sur la qualité du lait maternel, ne présentant de danger pour l’enfant et pour la mère.

Connaître les différents types pilules pour mieux choisir sa pilule pendant l’allaitement

Bébé allaiteIl existe essentiellement deux types de pilules contraceptives également appelées contraceptifs oraux. D’une part, les pilules œstroprogestatives ou pilules mini-dosées, et d’autre part, les pilules progestatives ou les pilules microdosées. Toutes ces pilules se présentent sous forme de comprimés. Elles sont administrées par voie orale. Elles sont délivrées en pharmacie, uniquement sur ordonnance médicale.

Les pilules œstroprogestatives ou minidosées

Également appelées pilules combinées, elles sont constituées d’un œstrogène de synthèse (l’éthinylestradiol) et d’un progestatif de synthèse. Le dosage d’œstrogène et de progestatif varie d’une pilule à une autre.

Ces pilules agissent en bloquant l’ovulation, en modifiant l’endomètre et empêchent ainsi la nidation. Aussi, elles modifient la glaire cervicale. Elles s’avèrent efficaces comme moyen de contraception lorsque le mode d’emploi est scrupuleusement respecté. Elle tolère un délai d’oubli de 12 heures par rapport à l’heure actuelle de prise des comprimés. Sous pilule contraceptive œstroprogestative, la femme n’est pas féconde, les règles sont moins douloureuses, moins abondantes, et moins longues. Les pilules œstroprogestatives sont associées à des effets secondaires (tension au niveau des seins, prise de poids, maux de tête, apparition d’acné…)

Les pilules progestatives ou les pilules microdosées

Constituée d’une seule hormone progestative (une hormone féminine), la pilule progestative ne contient pas d’œstrogène. Elle se présente sous plusieurs types de dosage et divers types de progestatifs. Elle modifie l’endomètre en vue d’empêcher la nidation. Aussi, elle modifie la glaire cervicale et rend plus difficile l’entrée des spermatozoïdes dans l’utérus. Certaines pilules progestatives bloquent l’ovulation. Elles sont prises en continu tous les jours sans interruption entre les plaquettes.

Le délai d’oubli varie en fonction de la marque de la pilule progestative. Certaines tolèrent un délai d’oubli de 3 à 4 heures, pour d’autres le délai d’oubli est de 12 heures. L’efficacité contraceptive requiert une prise régulière et quotidienne des comprimés à heures fixes. Les seins douloureux, les vertiges, des spottings (saignements survenant en dehors des règles), les douleurs abdominales et les nausées sont entre autres des effets secondaires liés à l’utilisation des pilules progestatives.

Critères utiles pour choisir sa pilule pendant l’allaitement

Choisir sa pilule au cours de la période de l’allaitement tient compte de certains critères. Les pilules les mieux adaptées sont celles qui n’affectent pas la qualité du lait maternel, ne présentent pas de danger pour la santé du bébé, ni pour la santé de la mère.

Effets sur la qualité du lait

Les jolis pieds de bébéLa pilule adaptée lors de l’allaitement est celle qui n’a pas d’effets sur la qualité du lait et la production du lait, notamment la pilule progestative. En effet, la pilule progestative n’a pas de conséquence sur la qualité de lait, ni sur la quantité de lait. Elle est efficace au cours de la période de l’allaitement. Elle n’induit pas une baisse de la production lactée. Elle ne modifie pas la composition du lait et n’interfère pas avec la lactation. Les pilules progestatives sont préférables, car elles sont moins susceptibles de diminuer l’apport en lait.

Quant à la pilule œstroprogestative, elle ne constitue pas une meilleure solution pour les femmes allaitantes, notamment au niveau du lait maternel. Elle  est caractérisée par un effet néfaste sur la qualité et la composition du lait. Les hormones œstrogènes accroissent la dopamine et réduisent la capacité d’une mère à produire des niveaux adéquats de prolactine. Un niveau d’œstrogène élevé chez la mère allaitante provoque un faible niveau de prolactine. Une diminution du niveau de prolactine induit une diminution de la production de lait. Aussi, l’œstrogène dans les pilules contraceptives, est susceptible de réduire la teneur en phosphore, en calcium et en protéines dans le lait maternel, ce qui nuit à la qualité du lait. Cette hormone peut également provoquer la chute dramatique de l’approvisionnement en lait.

Santé du bébé

Au cours de l’allaitement, la pilule contraceptive utilisée par la mère doit être sûre et ne devrait pas mettre en danger la santé du nourrisson. Toutes les pilules contraceptives ne sont pas adaptées pour la période de l’allaitement, car elles sont susceptibles d’être nocives pour le bébé. C’est pourquoi, pour les femmes qui allaitent, il est important de choisir sa pilule, de sorte que même si elle passe dans le lait maternel, elle ne soit ont pas nocive pour le bébé.

Avec les contraceptifs progestatifs, même si une petite quantité d’hormone passe dans le lait maternel, celle-ci n’a aucun effet néfaste sur le nourrisson. Les progestatifs n’ont pas d’effets nocifs sur la croissance et le développement du bébé.

Quant aux pilules œstroprogestatives, elles sont contre-indiquées pendant l’allaitement, car elles peuvent passer dans le lait maternel et induire un taux  d’hormones plus élevé que prévu dans le corps de l’enfant en raison de l’immaturité du foie de l’enfant qui est incapable de métaboliser les hormones. Ces hormones peuvent, ainsi, constituer une menace pour le foie du bébé

Santé de la mère

Avant de choisir sa pilule contraceptive, la femme allaitante doit évaluer les conséquences sur sa propre santé. En effet, certaines pilules sont sûres et adaptées pour les femmes allaitantes. Il s’agit, notamment, des pilules progestatives qui ne sont pas contre-indiquées pendant l’allaitement. Ces pilules peuvent être prises par les femmes qui allaitement. Elles peuvent être prescrites aux femmes affectées par le diabète, l’hypercholestérolémie, des antécédents liés à la formation de caillot sanguin (embolie, phlébite) ou à l’hypertension artérielle. Ainsi, les pilules progestatives n’entraînent pas de conséquences fâcheuses sur la santé et peuvent être administrées chez les femmes qui allaitent leur bébé au lait maternel. Ce qui n’est pas le cas en ce qui concerne les pilules combinées qui sont généralement contre-indiquées chez les femmes qui allaitent.